J'ai été diplômée le 22 novembre 2006 et j'ai signé mon premier contrat le 27 novembre, le soir même je mettais ma blouse blanche... Voici mois après mois, un résumé de mon parcours...  Jour-J | 27 Novembre 2006
10h30 : J'entre dans la clinique, le coeur qui bat...Voilà j'ai rendez-vous avec l'infirmière en chef, c'est elle qui m'a reçu lors de mon entretien d'embauche. Mais aujourd'hui je vais enfin signer le contrat, un CDI (ouf) de roulant de jour et de nuit. Je vais tourner dans les différents services de jour comme de nuit. Il y a :
- les 2 services de chirurgie (ortho et viscéral)
- Les soins continus (post-op et médecine)
- Le service de médecine
- Le service de jour (chirurgie)
- L'accueil non programmé ou autrement dit "les urgences".
20h15 : ça y est je vais prendre la relève mais heureusement je suis doublée pendant 3 nuits et la 4ème je la fais en solo !!! Le service où je commence, c'est les soins continus, service où j'ai effectué mon stage pré-professionnel de 10 semaines lors de mes études (je l'adore) mais je n'ai pas eu de poste fixe (dommage!). Je suis au bord de la crise de nerf mais je ne laisse rien transparaître. Je suis perdue entre mon ancien statut de stagiaire et mon nouveau statut d'infirmière. je n'arrête pas de me dire "c'est bon t'inquiète tu n'es pas seule, il y a l'infirmière" et puis "mais enfin dans 3 nuits c'est moi et c'est tout" (mince alors quel dilemme!). le service est composé de 6 lits, habituellement, il y a une infirmière et une aide-soignante, ce soir on est trois et à vrai dire c'est assez dur de se positionner mais tout s'est bien passé... |  |
|  J+4 | 20h15 : Aie aie aie, je crois que je n'ai pas le choix, ce soir les responsabilités, elles sont rien qu'à moi (chouette, j'suis gâtée!). L'équipe qui me fait la relève me connaît bien. Elles me demandent comment je vais (mais voyons tout va bien!). La relève commence et j'apprends qu'un des patients est assez mal ; mon coeur se sert...(je me suis achetée des fleurs de Bach, le "rescue" traduction le sauvetage, ça veut tout dire mais j'ai l'impression que ça calme pas mal).
20h45 : Tout le monde au lit sauf moi et mon aide-soignante qui me demande depuis combien de temps je fais de l'intérim (hummmmm, comment dire ?). Je lui explique avec tact que je suis diplômée depuis à peu près 9 jours et que je travaille depuis 3 jours (ah bon!). Etonnée mais pas inquiète (ouf).
6h30 : Il est venu le temps de la relève, je n'ai plus les yeux en face des trous mais il faut assurer et ne pas oublier de donner toutes les infos. Ca y est je l'ai fait, une nuit seule sans encombre, tout le monde va plutôt bien, tant mieux. |  |
|  J+9 | J'ai déjà fait d'autres nuits depuis mais celle-ci, je m'en rappelle comme si c'était hier, je la nommerai TACHYCARDIE, mais vous me direz, Pourquoi ? Parce que cette nuit là, un des patients a commencé à taper à 180 bpm, j'avais jamais vu ça avant. Ce soir là avec moi, une sympathique aide-soignante, jeune diplômée et première expérience des soins continus... Là j'ai du prendre vraiment les choses en main : Tout d'abord, réassurance du patient, histoire d'écarter l'éventualité d'un coup de stress ; Une minute passe, mais rien n'y fait, le patient ne semble pas ressentir la tachycardie, il me parle normalement.... Après 5 minutes, je prends le téléphone, il est à peu près 1h du matin, il faut appeler l'anesthésiste rapidement très rapidement. "allo.....", j'explique le problème, "il faut le remplir, il est déshydraté, Ringer lactate à fond". Me voici en action, je pose mon Ringer et l'ouvre à fond, mais rien ne passe...rinçure...rien ne passe, le cathéter est KO...en effet, il était coudé, juste au bon moment. Aie aie aie, il tachycarde toujours. Les alarmes du scope n'arrêtent pas de sonner...Je prends vite le nécessaire pour piquer et bien sûr, mauvais capital veineux. La deuxième c'est la bonne. J'ouvre à fond le Ringer et 10 minutes plus tard, magique, la fréquence cardiaque diminue et se stabilise à 80 bpm. Là, je me dis c'est gagné! Le patient se sent aussi bien qu'avant, c'est vraiment étonnant. L'anesthésiste me rappelle et je lui explique que tout va bien, très calme, il me dit "il était tout simplement déshydraté, bonsoir". |
|  M+2 | Voici deux mois que je travaille. Les premiers jours, je me disais : "est-ce que je vais pouvoir atteindre 2 mois de travail, on verra quand on y sera". Et bien voilà, vous direz "pas très rassurant son témoignage" mais cela me permet de mettre le doigt sur un problème, celui du fossé qui existe en les études et la prise de poste. Mes collègues, qui ont déjà plusieurs années d'expérience et qui ont déjà pas mal encadré des étudiants, me disent que la formation est trop orientée vers du "par coeur" en masse et s'éloigne beaucoup de la logique que doit avoir une infirmière en poste. En effet, on ne va pas à l'essentiel et l'ensemble des cours nécessite plus un apprentissage par coeur et peu de réflexion. Au final, on ne retient pas le plus important... Pour revenir à mon boulot, j'ai maintenant fait le tour des autres services mais la plupart du temps en doublure les deux premiers jours et le troisième seule, ce qui m'amène à dire que je suis encore loin d'être à l'aise. J'ai quand même la chance de tomber avec des collègues compréhensibles et qui restent disponibles pour les questions que j'ai à poser et qui ne s'offusquent pas de mes relèves parfois désordonnées... J'ai également eu la joie de travailler la nuit du 24 décembre, ce n'était pas prévu mais on m'a appelé la veille pour remplacer. Pour me réconforter, je me dis que ce n'est ni le premier ni le dernier noël où je devrais travailler. Je n'ai pas encore d'enfants et côté famille, c'est assez restreint... |
|  M+3 | Cela me fait plaisir d'écrire aujourd'hui, le mois de février 2007 se termine et je suis assez contente de moi, les collègues et les cadres des différents services semblent être également contents de moi. J'ai passé une bonne partie du mois à travailler en médecine et je tiens à en parler car c'est un service où la charge de travail est énorme et où l'infirmière doit vraiment être au top côté pathologie. Il y a de tout, et surtout beaucoup d'antécédents chez les patients pris en charge. On doit traiter à la fois la pathologie pour laquelle les patients entrent mais aussi d'autres qui se rajoutent. La découverte de cancer est fréquente et la moyenne d'âge est très élevée. De plus, il y a un gros travail autour du devenir, on effectue de nombreuses demandes de convalescence. "La paperasse" est donc importante. Il faut également être vigilant sur les nombreux examens passés (scanner, écho, radio, scinti, ponction, gastro-colo, broncho et j'en passe). ce qui m'amène au problème majeur que j'ai rencontré, la relève! Vous me direz encore elle!!
Concrètement :
- La relève de la nuit : 1IDE pour les 2 secteurs.(logique)
- La relève du matin : 1 des 2 IDE refait la relève aux AS (illogique)
- La relève de l'après-midi : 2 IDE chacune leur secteur.(logique)
- La relève du soir : 1 IDE pour les 2 secteurs, l'autre IDE part plus tôt.(illogique)
Mon but n'est pas de juger l'organisation mais pour moi il a été difficile de faire face à chaque relève.
Chaque patient est passé au crible avec tous les examens faits antérieurement, ceux à venir, traitements etc...On passe son temps à faire de la recherche dans le dossier. Quand on ne connaît pas les patients c'est vraiment dur.
Un avantage de la médecine, c'est que la relation avec le patient est vraiment plus importante et j'ai pu retrouver ce pourquoi je suis infirmière.
Pour finir, ce paragraphe sur la médecine, je dirais que je pense être plus à l'aise dans les services de chirurgie après cette expérience... |
|  M+6 | Nous voici début mai et beaucoup de choses ont changé... Le 23 avril dernier j'ai quitté le poste de roulante pour être assimilée au service de chirurgie viscérale. Un poste était à pourvoir dans ce service. J'ai donc fait ma demande immédiatement car ce service a plusieurs points positifs :
- les chirurgies sont variées, on y trouve de la gynécologie, urologie, proctologie, gastro-entérologie bien sur mais aussi ORL, dentaire.
- le travail d'équipe est super, on peut compter les uns sur les autres. (ce n'est pas toujours le cas!)
- Les chirurgiens sont sympathiques et à l'écoute de tout le personnel!
Un autre point non négligeable, j'ai enfin l'avantage d'avoir un planning stable avec de vrais repos de 2 jours d'affilés ce qui n'était pas le cas en tant que roulante!! Je travaille exclusivement de journée!
Je me sens bien et bien plus à l'aise mais une chose est sûre je suis loin de l'idéal que je m'étais fait durant ma formation. La charge de travail est élevée et il est parfois dur de travailler dans de bonnes conditions... Travailler en tant qu'infirmière dans le secteur privé n'est pas vraiment adéquat avec certaines de mes valeurs. On parle souvent de rentabilité, d'activité et ça, ça ne plait pas!
Il faut bien commencer quelque part et l'important est que j'acquière de l'expérience!
Je vous donne rendez-vous dans 6 mois! pour M+12! |
|  M+12 : 27 novembre 2007 | Nous voilà, un an, jour pour jour et vraiment quand je relis les paragraphes précédents, j'ai l'impression que c'était hier... Beaucoup de choses ont changé mais je suis toujours en chirurgie viscérale et je m'y plait beaucoup. Depuis, la clinique a changé de Directeur, d'infirmière générale, des postes ont été supprimés ou non remplacés. Beaucoup de collègues ont démissionnées. Comme dirait une collègue, on tourne en service minimum malgré l'activité croissante... Je me sens à l'aise mais la charge de travail devient de plus en plus oppressante et frustrante... On fait vite et au mieux...pour le perfectionnisme, on repassera (terrible de dire ça...) La peur de poser une sonde urinaire est un vieux souvenir... J'ai déjà fait 2 notes de stages pour des étudiantes infirmières et je me sens maintenant loin de tout ça. On perd beaucoup au niveau des méthodologies (démarches de soins, techniques apprises à l'école). Une rumeur circule : on changerait de roulement pour passer en 12h et on tournerait dans tous les services de jour comme de nuit et là franchement ça me fait peur, retourner au statut de roulante et en 12h, aie aie aie... J'espère que cette rumeur en restera une... Voilà un peu les dernières nouvelles...Joyeux anniversaire... |
|  M+18 : MAI 2008 | La clinique connaît une situation de crise depuis la fin de l'année dernière, je suis tellement en colère de ce qu'est devenu l'établissement, une usine à rendement...(à l'image de la France). Il y a eu des problèmes de harcèlement moral et de non-respect du personnel par la direction. Nous avons heureusement réussi à nous solidariser en créant un syndicat au sein de la clinique mais la fatigue et les réformes faisant, la direction a réussi à nous diviser sur certains sujets... "Diviser pour mieux régner". Je ne reconnais plus mon service...De la clinique, nous avons le service le plus grand (42 lits) et ces derniers temps, nous n'avons pas cessé de récupérer des urgences ou entrées programmées de médecine ou de chirurgie orthopédique car leur capacité d'accueil est moins importante. Auparavant, nous accueillions, en début de semaine, quelques entrées comme des dents de sagesse et cataracte (2 à 5 par jour) ; aujourd'hui nous sommes arrivé à faire 8 entrées le mardi matin, 10 le mercredi, 5 le jeudi et 4 le vendredi, bref c'est une vraie catastrophe...Les collègues qui partent en Congés annuels (posés depuis des mois) ne sont plus remplacées ou au coup par coup, et l'autre jour nous avons failli nous retrouver à 2 pour nos patients et 21 retours de Bloc...(et pas seulement de petites interventions). NOUS avons pris les devants et avons appelé une collègue de nuit qui avait gentiment évoqué la possibilité de venir remplacer en journée si nécessaire (ce n'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd!!), ce qu'elle a fait en étant avertie la veille !!! Je sature car je me rends compte que nous passons le plus clair de notre temps à régler des problèmes qui pourraient être évités et pas vraiment de notre ressort (gestion des entrées, mécontentement des patients, charge de travail devenue insupportable, programmation des entrées supérieure à la capacité d'accueil). Depuis des mois, on tire sur la corde et elle va lâcher. Je ne sais pas comment cela se passe dans les autres établissements et notamment dans le public, réformer est une chose (on peut être pour ou contre) mais par pitié, arrêtons de nous faire prendre pour de la merde ! Les directions nous ont pris pour leurs pions, on nous fait croire qu'on travaille ensemble mais ce n'est qu'illusions, les jeux sont faits.... Je vais encore rester parce que j'ai appris à aimer ma clinique, j'adore mon métier et j'ai encore espoir (pauvre naïve !)...Rendez-vous dans 6 mois, si je tiens le coup jusqu'à là... |
|  INTERLUDE (printemps/été 2008) | Pour vous donner un peu les dernières nouvelles. J'ai passé un début de grossesse absolument nulle, quelques maux de la grossesse mais surtout la sensation de mettre en danger mon bébé, ne pouvant me ménager, toujours par rapport à la charge de travail mais surtout par le stress engendré par une organisation de m**** : "vous pourrez (devrez) remplacer dans ce service ?", "vous serez seule pour les 2 secteurs, ça va aller, hein !", idem pour les aides-soignantes, les brancardiers ; fatalement je me suis retrouvée à brancarder et mobiliser avec ma collègue AS, des patients plus ou moins lourds (c'est mon rôle mais enceinte faut pas abuser...) Puis j'ai craqué et j'suis partie ; inutile d'expliquer la situation à mon médecin traitant, elle était au courant des problèmes de la clinique... Depuis les personnes concernées ont été écartées après l'intervention du médecin du travail et de l'inspection du travail (dans notre grande culpabilité, il y avait donc du vrai !) et un audit a été mis en place. Le passage aux 12h n'est plus un mythe mais une réalité, dans quelle condition, on ne sait pas trop. Je vais maintenant me consacrer à mon bébé en suivant d'un oeil, l'évolution de la situation...
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|  M+26 : JANVIER 2009 | Deux ans après ma prise de poste, me voilà avec le plus beau bébé du monde ! Ma fille a aujourd'hui 2 mois et tous les problèmes de la clinique me paraissent bien loin... Cependant, je reste en contact "rapproché" avec mes collègues et suis donc au courant des dernières évolutions. La clinique a fusionné avec la dernière petite clinique de la ville. Tous les personnels dont les chirurgiens de cette petite clinique sont donc venus travailler avec nous dès l'été 2008. De grands travaux d'agrandissement et rénovation des blocs opératoires ont été entrepris et terminés pour leur arrivée. Dans les services de chirurgie, le nombre de lits a été augmenté. Dans mon service, de nombreuses chambres seules ont été doublées. Aujourd'hui, le service compte 3 secteurs au lieu de 2. Les projets de planning en 12h étant trop compliqués à appliquer, ce projet a été reporté pour fin 2009 (peut-être ont-ils /la direction/ entendus nos remarques et réclamations ? ) Voilà ce que j'ai pu avoir comme nouvelles. Pour ma part, le travail me manque pour tous les petits moments passés avec les patients, le réconfort qu'on peut leur apporter, leurs remerciements à la fin de l'hospitalisation. Mais aussi la pratique des soins, faire un pansement, une injection, préparer une perfusion. Et enfin, le travail d'équipe, je parle du travail où lorsque la journée est terminée, on a le sentiment d'avoir fait le maximum, on a cette sensation agréable d'avoir contribué au bien-être d'une personne et qui donne le courage et la force de pouvoir faire encore mieux la prochaine fois. Toutes les bonnes choses sont rares... Je ne peux pas finir ce texte sans parler des différents accidents liés à la pratique infirmière et médicale. On entend souvent deux sons de cloches. D'une part, les politiques parlent d'un manque d'organisation des hôpitaux et d'autres part, les syndicats crient au manque de moyens humains, financiers. Je pense qu'il y a des deux mais je privilégie quand même, de part mon expérience, le manque de moyens humains et financiers. Pour finir, ne perdons pas de vue que les vraies victimes sont des gens comme nous ; cela n'arrive pas qu'aux autres.
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|  M-1 : 14 Aout 2009 | Je n'ajoute plus les mois car cette fois-ci, il s'agit d'un compte à rebours avant la reprise du boulot. Je n'ai donc pas travaillé depuis plus d'un an et j'ai une forte angoisse à l'idée de rattaquer et de retrouver ce mauvais stress car j'en suis sûre, je vais être servie !! mais je ne pars pas sans avoir bien réfléchi depuis tout ce temps ; si la situation est trop difficile (je parle de concilier ma vie familiale et professionnelle), je chercherai un autre lieu de travail. Après tout, je ne leur dois rien, c'est à eux de me remercier oui ... Voilà une petite introduction à ma future reprise, je vous donne donc rendez-vous dans 1 mois et quelques jours !! |
|  J+10 : 24 Septembre 2009 | Ca y est ! voilà presque 2 semaines que maman est repartie travailler et c'est surtout dur de laisser Louisa qui de plus, supporte assez mal la séparation. Heureusement, notre nounou est cool et rassurante sur la suite positive des évènements ! J'ai décidé de garder la tétée du matin pour rassurer ma fille pendant cette période de transition... Pour parler "boulot" me voilà revenue dans mon cher service de viscéral à 100%, j'ai commencé assez fort avec un après-midi bien chargé mais l'accueil de mes collègues et des chirurgiens !!! oui vous avez bien entendu ! des CHIRURGIENS... m'a beaucoup aidé. Je remercie l'étudiante IDE qui était à mes côtés et qui m'a guidé pour ce premier jour ! Côté technique, j'ai été dans le bain tout de suite avec une série de prélèvements pour hémoculture sur un patient âgé dit "impiquable" et je trouve que je m'en suis bien sortie. Tout revient ! les mécanismes sont intactes...perfusions, pansements, surveillance, préparation des patients pour le bloc, retour de bloc, accueil des entrées et explications des opérations....sauf les "à coté" : répondre au téléphone, se rappeler des raccourcis téléphoniques de la pharma, bloc, standard, autres étages, labo, urgence et j'en passe !!!, assigner et commander les régimes alimentaires sur un nouveau logiciel, faire la pharmacie...en fait tout ce que j'aimais pas trop auparavant. J'ai transfusé une patiente en rectorragies sans crainte aucune car tous les réflexes et les connaissances en la matière reviennent. Je ne compte plus les cathéters posés.
Pour ce qui est de la direction, je reviens avec de nouveaux dirigeants que je ne connais pas du tout. Les collègues sont mitigés mais rien à voir avec l'ancienne direction ce qui est en soi très très réconfortant ! Ce que je craignais s'est confirmé, il y a 3 secteurs mais pas toujours 3 infirmières par secteur. Le deuxième soir, en pleine bourre, ma collègue et moi étions en train de ramer quand un des chirurgiens arriva pour faire son tour. Par chance, le DRH était là pour compter je ne sais quoi. Le chir me demande si tout va bien pour ses patients et dans ma course lui dit que oui mais qu'on est débordé et que je ne peux passer voir les patients avec lui. Il regarde les 3 secteurs et compte le nombre de patients soit 45/52 lits. Ni une ni deux, il se retourne vers le DRH et lui fait remarquer ; réponse immédiate : "je vais vous trouver du renfort". PPfff ! mais qu'est ce qui faut pas faire !! et pourquoi en arrive-t-on là ? ANTICIPER !!! merde ! C'est à ce moment là que j'ai su que pas grand chose n'avait bougé durant mon absence et plus tard la nouvelle directrice des soins infirmiers désignée depuis 3-4 jours à ce moment-là me dira que globalement ça empire !! CHOUETTE !
Bien lancée dans mon retour au travail et ayant repris toute confiance en moi, PATATRAAAAAAA !!!! Lundi dernier à 20h00 au dernier tour, je passe voir une patiente de 94 ans à J3 d'une cholecystectomie. Tout s'est bien passé pour elle jusqu'à ce soir-là. Elle avait la particularité d'être très essoufflée car en insuffisance respiratoire depuis de nombreuses années. Son état s'est aggravé très rapidement : dyspnée, teint pâle, sueurs excessives, n'arrivant plus à nous parler correctement, tension et température faisant le yoyo (10/5 à 17/10 ; 37°6 à 38°4, etc), un pouls à 160 bpm, saturation à 89 %. Je la met sous O² et appelle immédiatement l'anesthésiste. En attendant, ma collègue tente de poser une voie mais sans succès...j'essaie, ouf! réussi...je pose un bionolyte et continue la surveillance. Quand arriva l'anesth, je m'attendais à sortir les flacons de Digoxine ou autres, mais non rien de tout ça. Des antalgiques, 2 bouffées de ventoline et une mutation aux soins continus. Après ça, elle semblait un peu apaisée et moins dyspnéique... Je suis partie à 21h45 après la mutation et ma relève et elle est décédée vers 22h10. Sur le moment, j'avais envie de secouer cet anesth et lui dire quoi essayer mais en y repensant, je crois qu'il savait...on se serait acharné...il n'y a pas de mot plus fort que celui-ci pour qualifier les actes qui aurait été fait. Le lendemain matin après avoir passé une nuit agitée, j'ai appris la nouvelle et je ne voulais pas y croire, j'avais espéré qu'elle remonte la pente. Ca m'a mis le moral à zéro et peu importe la situation, on culpabilise quand même...
Huit jours de travail sur dix jours en tout et j'ai l'impression de n'être jamais partie ! Huit jours de travail et une remise en question, Huit jours de travail et la joie de m'occuper à nouveau de patients, Huit jours de travail et des crises de nerfs !! Huit jours de travail et la conviction d'aimer mon travail...
C'est bien moi qui disait au tout début me sentir partagée entre mon statut d'étudiante et celui d'infirmière...aujourd'hui je suis partagée entre l'infirmière que je voudrais être et celle que je suis dans cet établissement. Je vais être patiente et voir l'évolution pour ma famille et moi. Un merci à mon chéri qui a tout fait pour que tout se passe bien. Je t'aime.
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|  M+1 mois 1/2 : 29 Octobre 2009 | Plus d'un mois s'est écoulé depuis ma reprise et cela fait aujourd'hui (29-10-09) 4 jours que j'ai sevré ma fille, j'ai une boule au ventre car cela me manque terriblement...ma fille se porte bien et rien dans son comportement ne montre un manque...c'est ce que je craignais donc tant mieux. Au boulot j'ai pris un bon rythme de croisière et le temps passe encore plus vite...mais j'avoue que 100% pour rattaquer, ce n'est vraiment pas évident surtout quand le papa travaille en 3/8h. On a une bonne nounou et une belle-maman qui se rend dispo ! Je me sens bien dans mon travail malgré les dures journées que j'ai eu depuis mon retour, quand je dis ça je parle de la surcharge de travail comme à l'accoutumé ! mais il n'y a pas plus cette pression psychologique d'avant mon départ en maternité. La nouvelle directrice des soins infirmiers est vraiment dans son rôle et surtout nous soutient. On sent qu'elle veut faire avancer les choses et prend position ! elle reconnaît qu'on subi pas mal de choses (AS et IDE) et qu'on se met en danger dans le travail de tous les jours. Nous avions depuis des mois mis de coté les transmissions ciblées, je ne veux pas dire qu'on n'écrivait plus, mais beaucoup de choses passaient à l'as du fait de la désorganisation ambiante... Maintenant j'écris tout ce qu'il se passe pour chaque patient même quand le temps presse et parfois quand je relis mes écris quelques jours après je m'aperçois que ce n'est pas des phrases que j'ai écris mais une succession de mots qui, ma foi, décrivent bien le problème : "D : rétention urinaire A : Allo Dr ...prescription pose SAD 3 voies CH 18 béquillée...SAD posée... R : 500 cc dans vessie, soulagé, désondage le lendemain matin..."
Du coté des soins infirmiers, je dirai que j'ai transfusé des tas de culots globulaires, bien plus depuis mon retour que depuis que je suis diplomée ! il y a épidémie d'anémie ! Ca me fait toujours quelque chose, au-delà des symboles que véhicule le sang, je me dis que c'est un trésor et ça me rend folle qu'un patient transfusé n'arrête pas de me dire : "c'est bien long !!! j'aimerai bien faire un tour..." grrrr Maintenant que je n'allaite plus je vais sérieusement penser à donner mon sang et qui sait peut-être qu'un jour je passerai mon propre sang ou le votre !!
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|  | |  | | Message du 23/08/2008 | Salut, j'ai découvert ton site par hasard, je le trouve vraiment sympas. j'ai 27ans et suis diplômée depuis 6ans déjà.. que le temps passe vite. je travaille dans un CH, au SAU, en 12h, de jour comme de nuit et en effectif minimum comme presque partout..d'ailleurs en 6 ans, je n'ai connu qu'effectif mini avec passage de 8h à 12h journaliers afin de ne pas embaucher sur les départs... notre activité ne fait que croître : fermeture de clinique, départ des médecins généralistes non remplacés.. j'ai souvent l'impression de ne plus aimer ma profession et me pose fréquemment la question : qu'est-ce que je pourrais faire d'autre... pourtant j'aime ce job!!... il faut travailler au rendement rapidement et efficacement... j'ai l'impression de retravailler à la chaîne, en usine, comme mon ancien job d'été... tout ça au détriment des patients et des familles, nous courons tout le temps, nous ne sommes plus disponibles, ni à l'écoute ; et si tu prends 5 min avec un patient, tu lèses un autre... voilà... le public = privé... Amicalement. Emily
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 | |  | | Message du 28/08/2009 | Salut, je m'apelle Manu. Moi et mes amis lisons souvent ton témoignage et parcourons souvent ton site. Je voulais te dire que je le trouve génial. Nous habitons a l'île de la réunion( l'île du paradis). et nous voulons faire le métier que tu fais, c'est-a-dire infirmier, nous nous préparons pour le futur concours qui est en début 2010. Encore bravo pour ton site, ainsi que pour ta petite famille et bonne chance pour la reprise de ton poste. Au soleil on a hâte de suivre la suite de ton histoire. A plus... Manu= |
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 | |  | | Message du 22/06/2008 | Bonjour, Je voudrais savoir ce qu'il y a dans la médecine car je voudrais y travailler mais je ne m'y connais pas très bien. Je voudrait aussi être infirmière mais quel secteur est le mieux ? Je suis encore au collège mais d'après ma tante il faut faire un stage en 3e, donc il faut que je me décide très vite . J'ai lu vos témoignages sur un site et l'idée d'être infirmière m'a beaucoup plu et je voudrais avoir plus d'informations sur ce métier et voir si j'ai pris la bonne décision. Je ne vous dérange pas plus. Merci de votre compréhension et j'espère avoir une réponse. Amicalement , une futur infirmière *rit*
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 | |  | | Message du 02/06/2008 | hello j'ai lu attentivement ton témoignage. je suis secrétaire médicale en psy j'ai 35 ans et j'ai réussi l'écrit du concours, je passe l'oral le 11.6, je te dis pas le stress. ton point de vue sur le métier d'infirmière surtout à ses débuts est très réaliste et très intéressant et je te remercie pour ceci. j'aimerai avoir la suite de tes aventures.
bises katia |
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 | |  | | Message du 24/05/2008 | Bonjour, Je viens de lire ton témoignage sur le site perso de la profession infirmière. Je passe l'oral du concours infirmier pour intégrer l'IFSI de Niort le 3 juin. Je travaille depuis 10 ans en maison de retraite et en pédopsychiatrie. Ton témoignage renforce encore plus mon désir de devenir étudiante en soins infirmiers, dans le sens où malgré qu'il y ait beaucoup de contraintes, que tu énonces si habillement je pense que ce métier est un trésor de richesse en relations humaines (quand on en a le temps) et développe en nous des forces insoupçonnées. Je t'ai piqué la phrase du devenir du patient je ne savais pas comment exprimer que mon souhait était de soigner dans la globalité et non plus être dans l'observation. Merci encore pour ce témoignage Bonne continuation et je te souhaite un bel avenir professionnel Delphine |
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 | |  | | Message du 22/02/2008 | Bonjour ! Je suis tombée par hasard sur ton site, qui est très bien et surtout je me suis reconnue dans ce que tu racontes ! Je suis également diplômée de novembre 2006 et j'ai débuté le 1er décembre de la même année, avec les mêmes angoisses que toi. J'ai eu la chance de rester dans le même service (depuis maintenant un an et 3mois) de chir ORL, stomato maxillo et chir réparatrice et dans l'hôpital où j'ai fait quasiment tous mes stages donc j'ai vite pris mes marques. Mais, comme tu le précises, c'est vrai que même avec l'expérience, il y a toujours des inquiétudes qui persistent et nos savoirs de l'école sont bien souvent irréalisables en temps réel ! Enfin voilà, c'était juste un petit mail pour te féliciter pour ton site d'autant plus que je suis sûre que je ne suis pas la seule à me reconnaître dans ce que tu dis ! bonne continuation pauline |
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 | |  | | Message du 1er Mai 2010 | C'est avec une certaine émotion (l'image de ce que l'on se fait du métier est toute autres face à la réalité et avec beaucoup de plaisir que j'ai pu parcourir les nombreuses lignes que vous avez écrites. C'est enrichissant de s'apercevoir à quel poin la réalité du métier d'IDE est loin des cours enseignés pendant les 3 ans d'école. Ca ouvre les yeux et lève les non-dits. Merci pour tous ces moments précieux partagés. Sylvie |
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 | |  | | Message du 17/05/2010 | Bonjour, merci pour ton témoignage très prenant. Je vais passer moi aussi le concours pour rentrer en ifsi, et c'est en cherchant des infos sur les réformes de la formation que je suis tombée sur ton site. J'espère que tout se passe pour le mieux au jour d'aujourd'hui! en te remerciant encore pour ce témoignage de tes conseils au concours, mais aussi de tes dossiers! rui |
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